Black-bass à la mouche

flienPartenaires   *

Les quatre temps de la valse du black-bass à la mouche artificielle

article proposé par Les mouches artificielles MOANA

Le black-bass est un poisson carnassier présent dans un grand nombre de pays du monde en raison de son extrême popularité auprès des pêcheurs à la ligne, qui l'ont introduit partout sur leur passage…  

Ce poisson originaire des États-Unis est d'une combativité et d'une pugnacité extraordinaire pour un poisson d'eau douce et il est l'adversaire rêvé pour le pêcheur à la mouche, par ses mœurs alimentaires comme par ses postes de prédilections. 

 

Nous avons la chance d'avoir, dans le Sud Ouest, une population exceptionnelle de ce poisson, qui permet aux moucheurs de le découvrir tout au long de la saison.  

La pêche du black-bass varie considérablement tout au long de la saison et il est indispensable savoir s'adapter aux exigences de ce poisson pour espérer des captures régulières et de beaux spécimens.

Le printemps : le temps des pêches lourdes

Lorsque l’ouverture du carnassier arrive, les blacks-bass sont encore, bien souvent en pleine période de reproduction et les males gardent fidèlement les nids et leur progéniture. Cette époque n’est pas propice à la pêche du black puisque les géniteurs ne s’alimentent pas avant que les alevins ne commencent à s’éloigner du nid.  
De plus, il n’est pas très honnête de pêcher des poissons sur leurs frayères tout en prônant à coté de cela la limitation des prélèvements et le no-kill.  

Lorsque les blacks quittent les nids et reprennent une intense activité pour se remettre de leurs ébats, il devient intéressant de s’attaquer à leur pêche avec des grosses mouches.  

Ici, il convient en effet de proposer aux grandes bouches de leurres de 8 à 15cm de long, les plus volumineux possibles.  

Les mouches lestées sont souvent inutiles ou à réserver exclusivement à la pêche des fossés immergés car le black chasse essentiellement sur les zones les moins profondes des étangs et notamment sur les bordures.  

Les systèmes anti-herbe sont encore inutiles car la végétation n’a pas eut le temps de se développer suffisamment pour gêner la pêche.  

A cette saison le black-bass est actif presque toute la journée : les coups du matin et du soir sont payants mais c’est souvent aux heures les plus chaudes que les captures s’enchaînent et que les plus beaux poissons se font piquer.  

C’est la saison des grosses imitations d’écrevisses tirées sur les bordures et les enrochements, des imitations de poissons fourrage et…des bas de ligne dont la pointe est en tresse ou en acier car les brochets sont souvent capturés de la même manière et sur des postes similaires !  

Pour le matériel, il faut prévoir du solide :canne pour soie de 7/8, soies intermédiaires et bas de ligne « lourds ».  
Le printemps est le temps des pêches de gros black-bass et les captures d’autres carnassiers sont très fréquentes, les résultats obtenus à la mouche sont équivalents à ceux d’un pêcheur aux poissons nageurs pour peu que l’on pêche les bons postes et que l’on laisse la mouche dans l’eau plus longtemps que dans les airs ou dans les arbres !  

Le début de l'été : le temps des pêches de surfaces

Plus on avance vers les beaux jours moins les techniques de pêche lourdes vont donner de résultats. La pêche avec des streamers plus légers et plus discrets va s’imposer tout doucement d’elle-même aux moucheurs. Le matériel est le premier maillon à modifier. Une canne à mouche classique pour la truite de soie 4 à 6 convient maintenant parfaitement et sera le meilleur outil jusqu’au refroidissement des eaux automnal. Ce matériel permet d’envoyer des streamers proches de ceux utilisés pour la truite à bonne distance.  

Les streamers dont la densité est proche de celle de l’eau (type muddlers en laine, étincelles et apogons) sont alors d’une efficacité supérieure à tous les autres leurres. Ils vont également vous permettre de pêcher à vue et cela juste sous la surface. La saison des éclaboussures est déjà là… Celle des dispositifs anti-herbes aussi et ceux-ci vous permettront de pêcher au cœur des herbiers et des nénuphars… 

Les bas de ligne auront une pointe en 18/100 et seront d’une longueur de 3.50m pour pouvoir obtenir la finesse nécessaire aux premières pêches de surface de l’été. En effet, avec le réchauffement progressif des eaux, les blacks auront de plus en plus tendance à diriger leurs activités vers la surface et vers les bordures d’herbiers et d’obstacles (troncs immergés, hauts fonds, ruptures de pentes, etc.) 

L’heure est venue (et elle est très attendue par nombre d’entre nous !) des poppers, muddlers, imitations de grenouilles, de salamandres, de serpents d’eau, de souris et toutes les fantaisies que ce poisson aime à mâchouiller pour le plus grand bonheur des monteurs de mouches qui aiment essayer des trucs bizarres.  

Le gros du travail du pêcheur consiste alors à effectuer des approches très discrètes des poissons (le mieux étant de les pêcher de loin quitte à perdre en efficacité au ferrage). Les poissons en poste à deux mètres du bord sont plus faciles à piquer si vous restez sur la berge 15 ou 20m plus loin et que vous pêchez en parallèle à cette dernière.  

L’animation des leurres consiste en un très vaste panel de tirées, de vibrations et d’ondulations qui vous donneront un terrain de jeu sans fin et des prises mémorables.  

Si vous avez la chance de trouver des postes à blacks peu encombrés et bien peuplés, la pêche avec un train de deux streamers peut être envisagée et devient très rapidement passionnantes. Un doublé de black est un moment inoubliable de pêche, j’en veux pour preuve deux blacks de 25 et 28cm qui m’ont fait passer un des plus beaux moments de ma vie en juin dernier. Il est primordial d’éviter tous les systèmes de potences qui sont autant de points de faiblesse sur votre ligne que même les plus petits blacks sauront exploser. La seconde mouche doit être attachée sur la courbure de la première par un solide nœud de cuillère doublé et vérifié avec grand soin par un brin de 80cm de 18/100. 
L’été, c’est la saison des grosses frayeurs, des sensations fortes et des belles photos à faire de black-bass qui jaillissent pour attaquer votre mouche.  

La canicule : le temps des pêches fines

Avec la canicule qui arrive, beaucoup de pêcheurs ont tendance à délaisser les lacs où l’activité du black se poursuit pourtant très intensément.  

Le plus surprenant, c’est que les plus belles prises se font encore aux heures les plus chaudes de la journée même si les coups du matin et du soir sont toujours très favorables à la capture de beaux poissons.  

Lors des fortes chaleurs, le dilettantisme de début de saison ne suffit plus ; il faut pêcher fin et être très technique tout au long de la partie de pêche.  

Le matériel tend de plus en plus à ressembler à du matériel pour la truite en mouche sèche : soie 4 ou 5, bas de ligne longs, pointe en 16/100 sont de rigueur.  

Pour les mouches, les imitations de libellules sont indispensables, tout comme celles de sauterelles. Quelques très gros sedges peuvent également donner de bons résultats.  

Les captures se font parfois même en dehors de l’eau. En effet même si ce cas reste rare, le poisson jaillit parfois sous le leurre avant que celui-ci n’ait atteint la surface d e l’eau… Attention alors aux casses retentissantes.  

Lorsque aucune activité n’est visible en surface, inutile de s’obstiner, les black-bass ne se déplaceront pas, il faut aller les chercher mais là encore, tout en finesse.  

Les micro streamers ou midgets sont les seules mouches réellement susceptibles de séduire les blacks. Montées sur hameçons 6 ou 8 ces mouches vous offriront des prises insoupçonnables.  

Les modèles très sombres sont à privilégier lorsque la luminosité est forte et les couleurs vives les remplacent au coup du matin ou au crépuscule.  

L'arrière saison : le temps des miracles

Lorsque septembre arrive et que les jours cèdent de plus en plus devant les nuits, le comportement du black se modifie fortement. Les rigueurs de l’hiver et la perspective de la reproduction poussent notre carnassier bien aimé à faire des réserves et donc à s’attaquer très activement à des proies plus conséquentes que celles précédemment chassées qui deviennent par ailleurs de plus en plus rares sur les plans d’eau.  

On peut dès lors, tout en conservant un matériel de pêche léger, utiliser des mouches leurres plus volumineuses, de 5 à 10cm de long.  

Les modèles ondulants, les streamers réalistes (imitations de poissons fourrage très brillantes) et les petits muddlers font alors des miracles.  

L’utilisation de soies plongeantes WF5S permet des captures de taille notamment lorsque l’on pêche avec des boobies, des écrevisses (les écrevisses flottantes de type boobicrevisse donnent vraiment des résultats surprenants) ou des muddlers.  

Le recours aux soies plongeantes de vient de plus en plus fréquent à mesure que l’hiver s’installe mais les prises restent régulières jusqu’à la date de fermeture. En milieu public la saison peut même se prolonger jusqu’au frai du black-bass qui a lieu en général entre mars et avril.  

Le matériel nécessaire

Pour pêcher le black-bass, le matériel doit être adapté au type de pêche que l’on souhaite pratiquer car, comme nous venons de le voir, la technique de pêche de ce carnassier est très différente d’un bout à l’autre de l’année.  

Un moulinet manuel simple suffira largement pour toutes ces pêches pour peu qu’il possède un système de freinage fiable et une longueur certaine de backing qui vous permet une certaine sérénité quand les gros blacks tirent sans fin vers le large…  

Préférez l’utilisation de soies à fuseau décentré (WF) qui facilitent le lancer de streamers parfois lourds pour la soie.  
Conseil qui peut paraître superflu, l’utilisation d’hameçons dont les ardillons sont écrasés permet de décrocher le poisson dans les meilleures conditions et les décrochages ne sont pas plus nombreux ! 

Les mouches leurres

En début de saison, tous les leurres volumineux prendront du poisson pour peu que leur nage soit souple ou qu’ils véhiculent des volumes d’eau importants (boobies, muddlers,etc.).  

Les leurres en poils de lapin demeurent des valeurs sûres tout comme les leurres à nage basculante.  

Les grosses imitations d’écrevisses ramenées à raz du fond, prêt des enrochements donneront des résultats réguliers et des captures de taille et cela tout au long de l’année. Par contre leur utilisation est à réserver aux dernières heures du jour où elles sont plus efficaces qu’à n’importe quel autre moment de la journée. 

N’hésitez surtout pas à animer vos leurres de manière très saccadée entrecoupée de longues pauses et à varier les animations tout au long de la récupération. En été, l’absence d’animation avec des mouches non lestées vous permettra de convaincre les irréductibles en les pêchant littéralement de la même manière qu’avec une nymphe à vue. 

Pensez à osez les pêches de surfaces de manière ponctuelle dans les semaines suivants l’ouverture du carnassier même si cela peut sembler déplacé. Cette technique peut réserver des surprises agréables de géniteurs tout juste sortis de frayères et très enclins à l’agressivité. 

Les postes à prospecter

Si vous pêchez en rivière les postes sont assez marqués : les grandes plages où se regroupent le frai de l’année, les contre courants, les abords d’obstacles, les fosses, les grands herbiers… 

En plan d’eau les postes sont encore plus évidents. Les hauts fonds et les plages en pente douce sont des secteurs de choix mais ce sont avant tout les herbiers qui abritent les plus jolies pièces.  

Les enrochements (digues, berges rocheuses, etc.) sont des postes très intéressants à prospecter surtout lorsque l’on ne voit pas les Blacks sur les postes classiques. Il m’est arrivé d’observer de véritables bancs de black-bass d’une même génération faire du tailing tels des bonefish sur des fonds de graviers où ils cherchaient à débusquer les écrevisses.

La technique de pêche

En plan d’eau la prospection peut se faire comme lors de la pêche au lancer avec des animations variées et une recherche des tenues mais le mieux reste encore de pêcher à vue avec une approche du poisson particulièrement discrète. 

Essayez le black-bass au fouet !

La pêche du black-bass n’est pas facile à pratiquer dans l’hexagone car ce poisson mythique n’est réellement présent que dans quelques rares régions de notre pays. Le Gers est incontestablement une destination de tout premier ordre pour cette pratique qui vous donnera à n’en pas douter des palpitations comme vous n’en avez jamais eues !  

N’hésitez plus, franchissez le pas et venez traquer le plus combatif des carnassiers de nos eaux…

Articles en relation

le black-bass     la pêche du black-bass

Les mouches artificielles MOANA

moana logo