LE SALON DE LA PECHE A LA MOUCHE

LA PÊCHE A LA MOUCHE

ENTRE ART ET NATURE

2006 paris peche passion Loisir considéré comme un véritable sport écologique aux Etats-unis, la pêche à la mouche fut introduite en France dans les années 30. Si elle était perçue comme un sport élitiste, snob, nécessitant des années d'apprentissage, la prise de conscience écologique de ces dernières années a grandement contribué à son développement.

Bien sûr, le très beau film "Et au milieu coule une rivière" que Robert REDFORD lui a consacré y est pour quelque chose, mais de nombreux signes avant-coureurs pouvaient laisser prévoir cette vogue de la pêche à la mouche.

Retour aux sources, reconnaissance des vraies valeurs, respect de la nature , écologie , challenge face à des adversaires aujourd’hui multiples, truites et saumons bien sûr, mais également carnassiers (brochets, black bass) et poissons marins, difficiles à prendre en défaut et qu'on n'est pas obligé de tuer si l'on réussit, c'est tout cela et bien d'autres choses encore la pêche à la mouche.

Contrairement aux idées reçues, la pratique de la pêche à la mouche ne nécessite pas obligatoirement un matériel fragile et onéreux (cannes en bambou refendu, moulinets anciens, etc.). Mais, avec l'apparition de la fibre de verre et du carbone, il est possible d'acheter le matériel adéquat et d'apprendre à peu de frais les rudiments du lancer de la mouche en 1 ou 2 matinées et de se perfectionner ensuite au bord de l'eau tout en s'amusant.

Du matériel à l'appât que constitue la mouche, tout dans cette pêche est beauté, élégance et noblesse : le geste du lancer, la soie que l'on étend sur l'eau, le poser d'une petite mouche à plus de quinze mètres devant soi, la limpidité de l'eau, le cadre reposant d'une rivière loin du stress de la ville.

Les mouches surtout sont belles et de nombreux pêcheurs se font plaisir en assemblant artistiquement autour de l'hameçon de savants mélanges de plumes d'oiseaux de toutes sortes et de fils colorés et brillants.

Enfin, il y a la beauté des poissons et des endroits où on les trouvent. Les truites sont l'élégance même : élégance de forme, de robe, de leur mouvement dans le courant et dans la prise de leur nourriture en surface au milieu d'un petit rond, le fameux gobage.

Et les rivières qui les abritent, coulent fraîches et limpides, loin du bruit, du stress et de la pollution.

LA PECHE A LA MOUCHE EN DETAILS

La pêche à la mouche, loisir écologique, se pratique dans un environnement naturel, le plus souvent sauvage, en contact étroit avec la nature. La pêche en marchant dans l'eau ("wading") intensifie le contact du pêcheur avec l'environnement aquatique.

Au départ, la pêche à la mouche consistait uniquement à leurrer un poisson noble, la Truite Fario ou l' Ombre Commun , occupé à gober des insectes aquatiques dérivants à la surface de l'eau, à l'aide d'une imitation artificielle fabriquée à base de fils et de plumes.

La tenue du poisson se matérialisant par le gobage, ce rond que le poisson laisse à la surface de l'eau en crevant cette dernière pour s'emparer de l'insecte dérivant. Il s'agit de la méthode de pêche à la mouche sèche , mise au point par les anglais à la fin du XIX° siècle.

Depuis, la pêche à la mouche , a évolué et s'est modernisée. La pêche à la mouche sèche subsiste mais le moucheur a aujourd'hui recours à des imitations artificielles figurant tous les stades de développement de l'insecte aquatique : de la larve ou stade nymphale (la pêche à la nymphe consiste à solliciter à l'aide d'imitations les plus réalistes possible des poissons s'alimentant sous l'eau), à proximité du fond de la rivière, entre deux eaux ( pêche à la mouche noyée ) ou juste à la surface ( pêche à l'émergeante ).

Pour être un bon pêcheur de truites ou d'ombres à la mouche, il convient d'être également un entomologiste averti, pour identifier la famille, le genre ou l'espèce d'insecte dont se nourrissent les poissons. Il doit également posséder les aptitudes suivantes : patience, sens de l'observation, du camouflage, de l'approche . Le pêcheur à la mouche moderne est respectueux de l'environnement et des poissons, ces derniers n'étant plus seulement des éléments gastronomiques, mais des partenaires de sport qu'il convient de relâcher précautionneusement le plus souvent possible. En effet, les vrais poissons sauvages (truites farios, saumons et ombres) sont menacés de disparition dans de nombreux cours d'eau français. Les survivants possèdent une telle valeur pour assurer la pérennité de leur espèce qu'on ne peut plus se permettre de leur ôter la vie.

La pêche à la mouche est le seul mode de pêche qui permet de libérer le poisson sans dommage après sa capture . On utilise des hameçons simples, sans ardillon. Contrairement à ce qui se passe avec les appâts naturels (vers, asticots, larves), le poisson n'est jamais piqué profondément, à proximité des organes vitaux car la nature artificielle de la mouche oblige un ferrage immédiat lors de la touche sans quoi le poisson recrache très rapidement ce qu'il avait pris pour du naturel. L'hameçon est le plus souvent planté dans les parties charnues non innervées et peu vascularisées de la bouche ce qui facilite le décrochage et n'occasionne ni souffrances, ni blessures.

La pêche à la mouche est également une pêche propre (pas de manipulation d'appâts ou d'amorces) et attire les femmes à ce titre. Elle réclame adresse, minutie, finesse, calme et patience, qualités dont ces dames font généralement preuve.

Enfin, et contrairement à la chasse, la pêche à la mouche ne possède pas l'aspect définitif et meurtrier qui rebute bien des femmes. Elle s'adresse également à de jolis poissons, à l'aspect sympathique, le plus souvent inoffensifs.

Aujourd'hui, grâce à la magie des matériaux synthétiques modernes, on parvient à imiter toutes sortes d'organismes dont se nourrissent les poissons. La pêche au streamer propose des imitations d'alevins (vairons, ablettes, gardons, etc.) mais également des proies plus volumineuses (grenouilles, petits rongeurs, etc…) à des espèces exclusivement carnassières qui peuvent être des grosses truites (farios et arc-en-ciel), ainsi que des poissons chasseurs (brochets, black bass, perches, sandres, silures, etc…). La recherche de ces carnassiers d'eau douce ou d'eau de mer (bars, maquereaux, lieux, etc…) permet au pêcheur au fouet de pratiquer toute l'année à la différence des exclusifs pêcheurs de truite en rivière , limités dans le temps par les périodes légales d'ouverture , variant selon les régions de début mars à fin septembre .

L’hiver, le brochet peut également se laisser séduire par de grands streamers comme certains poissons marins que l’on peut capturer à l’aide d’imitations de crustacés (crevettes, crabes) ou de céphalopodes (encornets, seiches, calamars). La plupart des poissons carnassiers de la planète, qu’ils soient d’eau douce ou d’eau salée, se pêchent au fouet. On peut pêcher ainsi l’espadon, le thon, le marlin, la carangue, le bonefish, le tarpon, etc… Quelques agences de voyages sont spécialisées dans la vente de voyage de pêche à la mouche à l’étranger, en mer comme en rivière.

La pêche à la mouche permet, par l'intermédiaire des guides de pêche , de découvrir les régions françaises ou européennes, leur culture respective (gastronomie, patrimoine naturel ou architectural, etc...).

Les guides de pêche sont avant tout des animateurs du développement local, des

accompagnateurs travaillant le plus souvent en collaboration avec les Offices de Tourisme ou les Comités Régionaux ou Départementaux du Tourisme . Leur service facilite et accélère la découverte d'espaces naturels protégés. Certains d'entre eux sont de grands spécialistes de la pêche à la mouche et possèdent des aptitudes pédagogiques reconnues.

LES NOUVELLES TENDANCES

En raison de l' appauvrissement des rivières à truites françaises (raisons majeures : pollution, mauvaise gestion, surexploitation, braconnage, etc.), les pêcheurs à la mouche sont parfois contraints de s’expatrier ou de pratiquer leur sport en eaux closes, spécialement aménagées et peuplées de truites pour la pêche.

Les réservoirs (ou pêcheries pour les plans d'eau à taille réduite : de 1 à 10 hectares) fleurissent un peu partout dans notre pays, le plus souvent à proximité des grandes agglomérations et attirent de plus en plus de pêcheurs à la mouche qui peuvent ainsi continuer à pratiquer leur sport après la fermeture officielle de la pêche en rivières de 1ère catégorie (poissons dominants de la famille des salmonidés : truites et saumons).

Par opposition, les rivières de 2ème catégorie sont principalement peuplées de poissons blancs (gardons, carpes, brèmes) et de carnassiers (brochets, perches, sandres).

La pêche en réservoirs ou en eaux closes n'est pas une sous-pêche à la mouche : elle réclame autant de subtilité, de connaissance et d'adresse que la pêche en eaux vives. Devant la raréfaction de salmonidés en rivières, elle est promise à un bel avenir.

RENSEIGNEMENTS COMPLEMENTAIRES

La population française de pêcheurs à la mouche représente un effectif potentiel de 200 000 personnes. On peut considérer que la France compte 80 000 "moucheurs" dont 35 000 assidus.

La France, en terme de pratiquants, reste loin derrière le Royaume-Uni (180 000 personnes) et les Etats-Unis ( plus de 6 000 000 de personnes).

Le profil du pêcheur à la mouche français : de plus en plus citadin , il se déplace vers les lieux de pêche situés en province.

Deux oeuvres cinématographiques ont contribué à promouvoir l'image de cette pêche en France et plus largement en Europe :

"Et au milieu coule une rivière" de Robert Redford, adapté du roman de Norman McLean, avec Brad Pitt, Tom Skeritt et Craig Sheffer illustre une grande saga familiale américaine basée sur l'amour de la pêche et le respect de la nature et de son rythme. Un chef d'oeuvre à ne pas rater ! ("A river runs through it, the story of an American Family", 1993 © Columbia Pictures).

"La Rivière Sauvage" de Curtis Hanson, avec Meryl Streep et Kevin Bacon, comporte des scènes lors desquelles Meryl Streep, guide de pêche et moniteur de rafting, initie son fils à la pêche à la mouche ("The River Wild" 1994 © Universal City Studios, Inc).

Les grandes régions de pêche à la mouche françaises sont :

la Franche Comté (Doubs-Jura), la région Rhône-Alpes, les Pyrénées, la Bretagne, le Limousin, la Bourgogne, l’Auvergne.

Les rivières françaises les plus connues et les plus riches sont :

la Dordogne (Corrèze), la Loue (Doubs), la Haute-Seine (Côte d'Or), les Gaves Pyrénéens (Pyrénées Atlantiques), l'Elorn (Finistère), le Léguen (Côte d’Armor), la Risle (Eure), la Sorgue (Vaucluse), la Moselle (Vosges).

Les plus grands poissons de sport français sont :

la truite fario, la truite arc-en-ciel, l'ombre, le saumon, le brochet, le black-bass et le bar.

Les destinations de pêche les plus réputées :

Slovénie (truites), Nouvelle-Zelande (truites), Bahamas (bonefish), Floride (tarpon), Russie (saumon), Colombie Britannique (saumons et truites), Montana-Wyoming-Idaho (truites), Alaska (saumons), Madagascar (poissons marins), Guinée-Bissau (poissons marins), Norvège et Suède (truites et saumons), Angleterre, Irlande, Ecosse (truites et saumons) et bien d'autres.

Les guides de pêche français les plus connus :

Alain Barthélémy - Stéphan Florian - Yann Le Fèvre - Jean-Pierre Coudoux - Philippe Dolivet, - Manu Glabel – Patrick Lebreton – 

Thierry Millot – Arnaud Pellegrin – Gilbert Fournier – Grégory Treille – Loïc Gicquel

Les guides de pêche ont parfois également une activité artisanale de fabrication de mouches artificielles.

Contact presse : Chantal PARACHINI – EDS- 45, avenue George V – 75008 PARIS – Tél 01 53 57 62 00 – 06 11 47 75 17

BIBLIOGRAPHIE NON-EXHAUSTIVE

Livres anciens

Boisset (L. de), Les mouches du pêcheur de truites. Etudes, imitation, emploi. Lib. des Champs Elysées, 1939. Réédition 1971.

Boisset (L. de,) L'Ombre, poisson de sport. Lib. des Champs Elysées, 1941. Réédition 1958.

Boisset (L. de,) La Truite, poisson de grand sport. Lib. des Champs Elysées, 1942. Réédition 1948.

Boisset (L. de,) Plaisir des jours. Lib. des Champs Elysées, 1945.

Petit G. Albert, La truite de rivière. Pêche à la mouche artificielle. Delagrave, 1897. Réédition de l'Orée, 1982.

 

Livres modernes

Affre Pierre, La vie rêvée du pêcheur. Solar, 1999

Atkinson, Truite et Saumon. Proxima, 1999

Pestel Serge, Héritage d'un pêcheur à la mouche. Editions du gué l'Epine, 1991.

Livres techniques

Audouys Bernard - Pelletier Jean-Louis, Je monte mes mouches en 15 leçons. SEDETEC, 1972

Barbellion (Dr. P.), Truites, mouches, devons. Maloine, 1948. Bible de pêche à la mouche

Barbellion (Dr. P.), Ma mouche à moi... et les poissons. Maloine, 1971.

Gaidy Charles, Les éphémères, les mouches artificielles et leur montage. Ouvrage abondamment illustré

Gaidy Charles, Les Trichoptères, les mouches artificielles et leur montage. Aussi réussi que le précédent

Pequegnot Jean-Paul, L'art de la pêche à la mouche sèche. Flammarion, 1981.

Pequegnot Jean-Paul, Répertoire des mouches artificielles françaises. Besançon, 1984.

Romans & nouvelles

Humphrey William, La course amoureuse. Récits traduits de l'anglais NRF Gallimard, 1984. Nouvelles sur la pêche du saumon, de la truite, du bonefish et du bluefish

Lalu Vincent, Le sorcier de Vesoul. Henri Bresson, pêcheur de truites. Paris, Balland 1990.

 

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